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sur le site Les Champs de Booz

 

Notre association a été créée en 2003 pour venir en aide aux femmes seules, demandeuses d’asile, en cours de régularisation et d’insertion.

Que proposons nous ?

Au fil de l’actualité

Echos de la journée festive et fraternelle
du dimanche 12 novembre 2017  

Nous avons répondu,  nombreuses, à l’invitation de la paroisse St Jean Bosco pour célébrer la journée des réfugiées accueillies aux Champs de Booz.
27 femmes ont répondu présentes, d’une dizaine de nationalités, accompagnées des bénévoles des deux associations.
La journée de fête s’est déroulée dans une ambiance très joyeuse, rythmée de chants et de danses. Le témoignage de plusieurs participantes a fait référence à l’homélie qui les a touchées. Nous vous la partageons :

            Pourquoi s’intéresser à l’étranger, au réfugié ?

           Après tout, ils ne sont pas comme nous … Et, instinctivement, nous nous méfions de ce qui est différent, autre, nouveau. Osons le mot : ça nous fait peur, ou, au moins, ça nous inquiète. C’est peut-être pour cela que beaucoup de croyants, dans beaucoup de traditions religieuses, ont peur devant ce tout Autre qu’est Dieu ! Accueillir l’étranger, ça nous déstabilise : reconnaissons-le humblement. Peut-être parce que, au fond de notre inconscient, cela nous rappelle le grand saut dans l’inconnu qu’a été notre naissance.

Le migrant, le réfugié, quelqu’un qui est en route.

D’abord, c’est vrai pour tout homme, puisque, sur cette terre, croyants ou non-croyants, nous  savons tous que nous ne sommes que de passage et que nous sommes donc un peu des étrangers.

Le peuple de la Bible, a été fort longtemps un peuple de nomades, un peuple de voyageurs. Rappelons-nous les patriarches : Abraham, Joseph, Jacob. Puis il y a eu la libération d’Egypte, le long séjour dans le désert. Plus tard, l’épreuve de la déportation, avant le retour en terre d’Israël. Au temps de Jésus, c’était la diaspora, la dispersion dans tout le bassin méditerranéen. Plus près de nous, ce sera, surtout après la 2° guerre mondiale et la shoah, le retour en terre d’Israël, l’alya.

A travers tous ces cheminements, le croyant de la Bible, a peu à peu découvert les appels de Dieu et, en particulier un appel : faire sienne la conduite de Dieu. Ainsi est-il dit dans le livre de l’Exode : « Ne profitez pas des étrangers installés chez vous, ne les maltraitez pas. Vous-mêmes, vous avez été des étrangers en Egypte. » (Ex 22, 21) Et dans une série de recommandations scandées par un solennel « Le Seigneur votre Dieu, c’est moi », Dieu insiste en proclamant : « Quand un étranger viendra s’installer chez vous, dans votre pays, ne profitez pas de lui. Au contraire, vous agirez avec lui comme avec quelqu’un de votre peuple. Vous devez l’aimer comme vous-même. En effet, vous aussi, vous avez été des étrangers en Egypte. » (Lv 19, 33-34)

Et pour nous, chrétiens, il est difficile d’oublier que notre Maître est né, pour ainsi dire, dans un squat, au bord de la route, dans une totale précarité, lorsque ses parents ont été obligés d’effectuer un long et pénible voyage qu’ils n’avaient pas choisi. Et cet enfant, né dans le dénuement, sera, plus tard, tout le temps en déplacement, en mouvement, pour les besoins de sa mission, au point dira-t-il, qu’il « n’a pas de lieu où reposer la tête » (Lc 9, 58) Et, à son image et à sa suite, ses Apôtres, toujours pour les besoins de la mission, iront parcourir tout le bassin méditerranéen : pensons aux incroyables voyages de Paul !

Ainsi, nous sommes les fils et les filles d’un Dieu qui a accompagné son peuple tout au long de ses interminables pérégrinations. Un Dieu qui est allé jusqu’à prendre lui-même nos routes humaines en son fils, Jésus. Un Dieu, l’évangile de ce jour nous le rappelle avec force, qui nous attend toutes et tous au festin des noces éternelles dans son Royaume. Un Dieu qui, l’évangile du jugement dernier en Matthieu nous le rappellera dimanche prochain, ne nous demandera qu’un visa pour avoir accès à ce banquet : le visa de l’amour.

Alors, pour le chrétien accueillir le migrant, l’étranger, celui qui, dans la grande majorité des cas, n’a pas d’autre choix que de s’exiler, ce n’est pas seulement un geste de bonté fraternelle ou paternelle qui risque d’ailleurs de devenir parfois paternaliste. Il ne suffit pas d’aborder cette question avec notre seule affectivité. La première lecture nous encourage à l’aborder aussi avec sagesse, cette sagesse qui est un don de l’Esprit Saint. Cette sagesse qui nous permet de reconnaître qu’en accueillant l’autre, nous ne faisons pas que donner, mais que nous recevons tout autant. C’est ce qu’ont exprimé, de façon très simple, très discrète, des membres de nos équipes des Champs de Booz et de la Croisée des Chemins. Je donne la parole à Monique qui s’exprime en leur nom et place.

            Retenons le message de ce dimanche : seul un cœur ouvert à l’accueil de l’autre, de celui, de celle qui a besoin d’être reconnu, accueilli, aimé, est capable d’accueillir le tout Autre, le Seigneur qui nous rassemble ce matin. Dans cette eucharistie, comme dans toute eucharistie, nous vivons un signe, mieux, nous vivons une anticipation de ce repas de noces du ciel, où la communion avec Dieu et avec tous nos frères et sœurs sera parfaite.

P. Jean Claude Heinrich, salésien de Don Bosco

 

18 octobre 2017 : Journée internationale de la traite des humains

Qu’est-ce que la traite des êtres humains ? 
C’est le fait de recruter, héberger ou déplacer une personne d’un endroit à un autre, dans un même ou vers un autre pays dans le but de l’exploiter pour en retirer un bénéfice ( la prostituer, la forcer à travailler, la forcer à donner ses organes…). Cette personne est le plus souvent trompée, fausses promesses d’embauche, enlevée, vendue…
La traite est parmi les activités criminelles internationales les plus importantes au même titre que les trafics de drogue et d’armes.

A l’occasion de cette Journée internationale, le collectif de lutte contre la traite des humains sortira un DVD intitulé “Devenir”. Il nous fait découvrir que sortir de la situation de traite est un processus complexe et de longue durée.

Un témoignage illustrant la politique actuelle concernant la demande d’asile 

Argenton-sur-Creuse, le 19 septembre 2017

Ils sont arrivés en France, après mille détours, après avoir fui les menaces et/ou la violence dans leur propre pays, après avoir parfois subi la torture et/ou l’emprisonnement chez eux ou sur la route de leur exil forcé. Ils pensaient, espéraient être arrivés au bout de leur chemin de croix, en étant accueillis, de manière correcte et humaine, dans un Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO). Ils ne demandaient qu’une chose : s’intégrer, s’inventer une nouvelle vie. Et simplement vivre. Enfin. Librement. Ils s’étaient mis, avec opiniâtreté, à étudier un alphabet et une langue qui leur étaient étrangers, ils apprenaient les codes de ce qu’ils pensaient être leur nouveau pays, ils se montraient reconnaissants auprès des professionnels et des bénévoles qui leur venaient en aide.

Ils pensaient sans doute que dans le pays des Droits de l’Homme on les écouterait, on les respecterait, on leur ferait une place, même modeste. L’un d’eux avait intégré un lycée, un autre s’apprêtait à entamer des études d’électricien, tous espéraient se rendre utiles dans la société. Ils ont 19 ans, 21 ans, 22 ans, 23 ans, 25 ans, 28 ans, 30 ans, 33 ans et s’appellent Ismaïl, Abdallah, Reda, Mohamed, Bishara, Osman, Mohammed et Saber (et avant eux Fekado, 49 ans).

Ils ont un nom et découvrent qu’ils ne sont qu’un numéro de dossier. Leurs espoirs se trouvent aujourd’hui broyés par une machine administrative aussi hypocrite que peut l’être un être humain. Les voilà, une fois de plus, déracinés, expédiés d’un CAO à un PRAHDA (en novlangue, Programme d’Accueil et d’Hébergement des Demandeurs d’Asile), d’une ville où ils commençaient à tisser des liens à une autre où ils ne connaissent personne, dans un ex-hôtel Formule 1, loin de tout, où ils vont être assignés à résidence.

On dirait bien que le diable se déguise en PRAHDA. Selon une bénévole d’une association de Bourges qui tente de leur venir en aide, “le PRAHDA constitue actuellement un dispositif national destiné à transférer très rapidement et discrètement les déboutés et surtout les demandeurs en procédure Dublin. Tout est fait pour qu’ils ne puissent pas exercer efficacement de recours.” Après le PRAHDA, ce sera le CRA (Centre de Rétention Administrative). Et, de là, le renvoi vers le pays de l’Union européenne où ils ont été pour la première fois enregistrés. Le plus souvent, pour les huit amis dont nous parlons ici (six Soudanais, un Egyptien et un Guinéen), ce sera majoritairement l’Italie. Or qui ignore que ce pays, principale porte d’entrée en Europe pour les demandeurs d’asile africains, est débordé par des afflux quotidiens de migrants qui arrivent par la mer et appelle à l’aide ses partenaires européens ? Très probablement les renverra-t-on en France (l’important n’est-il pas de gagner du temps ?) d’où ils seront rejetés une fois encore comme de vulgaires colis que personne n’aurait commandés.

Ils sont les juifs errants du XXIe siècle. Qui parmi les responsables politiques, de tous niveaux, les verra enfin comme une chance et non comme un fardeau dont on se débarrasse comme d’une canette qu’on jette par la fenêtre de la voiture en espérant ne pas être vu ? Qui les verra comme des êtres humains plutôt que comme des chiens qu’on chasse à coups de pied ?

Et nous, tant que s’appliquera cette directive Dublin aussi inefficace qu’absurde, comment pourrons-nous continuer à nous sentir citoyens français et européens ?

Merci à l’Association ACCUEIL DU COEUR 36
pour ce témoignage éclairant.

La procédure de l’asile
depuis la loi de 2016
par Sandrine Lesecq, juriste

Aujourd’hui, selon le HCR, on recense 65 millions de déplacés dont environ 50 millions de personnes qui quittent leur pays pour des raisons de conflits. Les grands bassins qui accueillent les migrants sont les pays à la périphérie de ces zones de conflits : Jordanie, Liban, Ouganda, etc.

Dans l’UE, en 2016,  c’est 1 million de personnes qui a franchi les frontières  dont 1/3 en Allemagne.

La France arrive en 5ème position derrière l’Allemagne, la Hongrie, la Suède et l’Autriche. Les premiers demandeurs d’asile  viennent d’Albanie, puis du Soudan, de Haïti, d’Afghanistan et de Syrie.

En 2016 également, 60.000 personnes ont déposé une demande d’asile en France. 45% des DA sont en Ile de France. Il y a eu autant de Protection Subsidiaire que de Protection Internationale. Le taux de succès est de 40% en UE, de 25 à 30% en France.

La procédure de DA est née en France dans les années 70 . Auparavant on parlait de réfugiés, tous autorisés à travailler.  La crise économique a provoqué pour les demandeurs d’asile l’impossibilité de travailler.

La loi de 2016 avait pour but d’harmoniser les procédures dans l’UE (délais, évaluation et taux de succès) afin que les DA ne choisissent pas un pays pour son taux de réussite.

La réforme de 2015 a institué la procédure actuelle : PADA (Plateforme d’accueil des DA) puis GUDA (Guichet Unique des DA) où les personnes sont reçues par la préfecture (entretien, empreintes et attestation) et par l’OFII (informations sur la procédure de DA, diagnostic de vulnérabilité s’il y a lieu, ADA et inscription pour la CMU).

Le DA  a ensuite 21 jours pour déposer le dossier à l’OFPRA.

Les hébergements
50% des DA sont actuellement hébergés.
Il y a 65.000 places en France  réparties ainsi :
CADA (45.000 places),
ATSA (6.000 places créées pour les migrants de Calais),
HUDA, CAO (1.000 places),
CHU migrants.

Pour compléter le parc hébergement : création des PRAHDA : 5.300 places ouvertes au printemps, en partie pour les Dublin.
Le PRAHDA  constitue actuellement un dispositif national destiné à transférer très rapidement et discrètement les déboutés et surtout les demandeurs en procédure Dublin. Tout est fait pour qu’ils ne puissent pas exercer efficacement de recours.

Il est  prévu de réinstaller 10.000 syriens en provenance de Jordanie, Liban  et Turquie.

Il est aussi prévu un plan d’hébergement pour les réfugiés. En octobre, novembre, le gouvernement va ouvrir 20.000 places pour les réfugiés, notamment pour les moins de 25 ans.

A propos de Dublin, il semble que des pressions vont être exercées sur les préfets pour appliquer le transfert dans le premier pays d’entrée dans l’UE. On note une augmentation du nombre de personnes en rétention.

Notes prises le 25/09/2017,   lors d’une réunion organisée par le Réseau Chrétiens Immigrés 

Migration : accueillir, protéger,  promouvoir, intégrer

Le pape François a publié un message percutant pour la Journée des migrants 2018, le 14 janvier. Il nous rappelle “qu’il n’est pas humain de fermer nos portes, il n’est pas humain de fermer son cœur”.  Il nous invite à plus d’humanité dans la gestion des migrants. notre réponse pourrait s’articuler autour de 4 verbes : accueillir – protéger – promouvoir – intégrer.

Voici le lien pour la lecture du message :http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/migration/documents/papa-francesco_20170815_world-migrants-day-2018.html

L’anti-chambre de la France

C’est un lieu qui raconte mieux que tout autre, la crise migratoire. A Fontenay- sous -Bois, l’Ofpra traite les demandes d’asile en constante augmentation. En 2016, il en a reçu près de 100.000.Pour y faire face, l’institution a presque doublé ses effectifs. Des agents qui ont la tâche lourde et singulière d’écouter la douleur du monde et daccorder ou non la protection de la France. 

Là, dans cette tour de verre, se joue le sort de tous ceux qui demandent l’asile à la France. Chaque jour, Anne écoute un peu la douleur du monde. Comme elle, 800 officiers de protection de l’Ofpra auditionnent les exilés. D’ici à quelques mois, ils seront plus nombreux encore et la maison connaîtra de nouvelles réorganisations pour raccourcir les cinq mois d’instruction des dossiers comme le requiert “le plan migrants”, présenté par le Premier ministre cet été.

Anne continuera à décider au nom de la France, qui peut bénéficier de la convention de Genève de 1951. C’est le texte sur lequel se fonde son travail qui définit le droit d’asile et permet de protéger celui qui “craint avec raison, d’être persécuté, du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou des opinions politiques”. Ce cadre juridique précis exclut tous ceux qui ne sont pas personnellement menacés et empêchés de retourner chez eux.

Chaque jour, les 100 box de verre bruissent du récit de ces vies brisées, des déchirements et de l’errance. Partout plane l’enjeu d’un séjour en France. Anne vérifie et recoupe les informations recueillies lors des entretiens “Moi, je veux déjà être sûre qu’on me dit la vérité”. Et un de ses collègues d’ajouter :  “Quand on travaille ici, on devient suspicieux, on voit du mensonge partout. Nous épluchons toutes les sources possibles sur les pays et lançons nos propres requêtes pour éclairer nos décisions”. 

Le directeur général de l’Opra, Pascal Brice, dit : “Depuis 2013, j’ai obtenu le quasi doublement des effectifs à la condition que nous nous réformions pour être plus efficaces et que le temps de traitement des dossiers diminue. Nous sommes aujourd’hui à moins de 5 mois, et serons proches des 3 mois à la fin de l’année. Le “plan migrants” de juillet 2017 nous demande de passer à 2 et nous y parviendrons avec de nouvelles réorganisations, mais les officiers français sont déjà deux fois plus productifs que leurs homologues européens.”

“D’un côté, il ne faut pas rater une protection,
de l’autre, il ne faut pas dévoyer l’asile
en protégeant ceux qui n’ont pas ce besoin spécifique”.

Extrait d’un article de Maryline Baumard
dans “Supplément du  Monde” 26/08/2017

Bilan statistique des étrangers en Europe

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