Protocole d’accord pour les réfugiés du Liban

La France donne le coup d’envoi aux couloirs humanitaires, signature à l’Elysée

Le 14 mars 2017 a eu lieu la signature du protocole entre l’Etat, la Communauté de Sant’Egidio, l’Eglise catholique et les Eglises protestantes, qui permettra dans les prochains mois l’entrée sur le territoire français de 500 réfugiés syriens en provenance du Liban, sur le modèle des couloirs humanitaires déjà en place vers l’Italie. Nous nous en réjouissons vivement et sommes heureux de partager avec vous quelques échos de cet événement important.

La communauté de Sant’Egidio

Le protocole d’accord a été signé, en présence du Président de la République, par Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, Valérie Régnier, présidente de la Communauté de Sant’Egidio en France, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Jean-Michel Hitter, président de la Fédération de l’Entraide protestante, Pascal Delannoy, vice-président de la conférence des évêques de France et Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique Caritas France.

« J’ai voulu que la signature de ce projet d’accueil solidaire de réfugiés ait lieu à l’Elysée, car il s’agit d’une initiative en accord avec les valeurs de la France ». C’est par ces mots que le président français François Hollande a accueilli la signature à l’Elysée.

« La Constitution de la République, a ajouté F. Hollande, reconnaît le droit d’asile et engage l’Etat et ses citoyens : un engagement juridique, mais aussi une obligation morale, nationale et internationale ».

Selon le président français, « il faut de nouvelles solutions, tant de la part des institutions que de la part de la société civile », pour faire face à « une vague migratoire sans précédent », depuis le Moyen-Orient et l’Afrique, « à cause des conflits, de la misère et des changements climatiques ». « Il faut lutter contre l’indifférence, mais aussi contre l’intolérance », a conclu Hollande, qui a mis en garde contre ceux « qui attisent les peurs chez les gens pour opposer les Français aux nouveaux Français ».

Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, également présent lors de la signature de l’accord, a déclaré : « L’expérience des couloirs humanitaires démontre que l’intégration protège davantage que les murs. La signature qui intervient aujourd’hui est un signe pour l’Europe ».

Le protocole qui instaure les couloirs humanitaires en France est semblable à celui signé en décembre 2015 en Italie avec la Communauté de Sant’Egidio et les Eglises protestantes italiennes et prévoit, en l’espace d’un an et demi, l’arrivée depuis le Liban de 500 réfugiés, en majorité syriens. Une fois sélectionnés sur la base du critère de la vulnérabilité (femmes seules avec enfants, personnes âgées, handicapées, victimes de tortures), les réfugiés arriveront en France munis d’un visa humanitaire et d’un billet d’avion ; ils seront accueillis par des communautés, des paroisses, des particuliers, et dirigés aussitôt vers des parcours d’intégration, grâce à l’apprentissage de la langue française.

« Aujourd’hui se réalise un rêve partagé, dont nous espérons qu’il puisse se diffuser dans d’autres pays européens, a affirmé Valérie Régnier, car les couloirs humanitaires démontrent qu’une alternative aux voyages du désespoir est possible, pour lutter contre l’indifférence et la honte de tant de morts en mer méditerranée ».

« Ce qui est en jeu, c’est la paix et l’avenir de l’Europe et nous luttons pour que l’Europe puisse rester le continent de la paix », a observé la responsable de Sant’Egidio en France, soulignant « la responsabilité républicaine d’accueillir et d’intégrer ceux qui fuient la guerre ».

François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, a exprimé sa reconnaissance envers la Communauté de Sant’Egidio pour son implication dans « un projet de grande valeur face à une société affaiblie et divisée ». « Le drame des réfugiés, a dit Clavairoly, remet en question les valeurs républicaines, tandis que les couloirs humanitaires sont le symbole d’une société engagée ».
Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours Catholique, a affirmé que « beaucoup de Français désirent accueillir et résister ainsi à la tentation de se replier et de céder à la culture du déchet ».

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